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La Fouine

Une fouine avec un appareil photo on appel ça un explorateur urbain, 
une fouine sans, on appel ça un rôdeur, un intrus... 
La photo n'est qu'un prétexte ou un alibi. 
Ce qui compte c'est ce qu'on voit, ou plutôt ce qu'on va voir. 







"Rôde/Rage"

"hey qu'est ce que tu fais sur le toit? t'es monté comment?Vas-y c'est bon moi aussi je me balade je suis pas un flic! Et j'ai déjà visité cette partie mais de l'intérieur, alors???"... C'est ce que je dit à ce type, 4 mètres au dessus de moi. Evidemment je me suis fait enfumer "euh... euh..."un coup d'oeil vers son collègue qui reste planqué "la-bas y a un accès mais faut grimper" (blablabla façon fumoir). "Ok merci!" que je réponds. Les mecs qui se "baladent" sont loin d'être des grands bavards et c'est tout à leur honneur, quand on veut une chose il faut se donner les moyens d'y arriver plutôt que t'attendre qu'on te prenne par la main.

Avec tout ce mystère je me dis que l'endroit doit être vraiment cool... En fait non, juste un garage de plus qui a fermé. Je renifle l'odeur de l'huile et de l'humidité. J'entends le clic/clac du système de protection, la routine!







Consultant en gardiennage

Il n'y a pas à dire c'est souvent la méthode à l'ancienne qui paye. Parfois on nous parle d'innovations ou d'inventions, mais pourquoi mettre de l’énergie dans un domaine qui a déjà sa Solution.
Exemple 1: Je visite un immeuble abandonné, un détécteur me capte et un système me prévient que je vais être arrété. Je sors pour me rendre mais personne ne vient, donc j'entre à nouveau sans tenir compte du message.
Exemple2: Je visite un immeuble en chantier, personne ne me capte donc je parcours les lieux. D'un seul coup j'ai l'impression qu'un berger Allemand m'aboie dans le cou, figé et déjà en train de penser à mon bras plein de points de sutures je n'ai plus qu'une envie: partir loin. Je ne suis jamais revenu.

Pour finir je dirais que si des hauts-parleur peuvent aboyer aussi bien que des chiens, on tient une innovation dans le domaine du gardiennage!






Lourd passé

Au débuts des années 30 un sanatorium voit le jour à Aincourt. On y soigne rapidement entre 100 et 450 femmes, enfants et hommes. En 1934, 209 patients quittent le sanatorium et 45 décès sont enregistrés. 5 ans plus tard le pavillon des enfants fermera et l'année suivante c'est tout le centre, la guerre et l'avancé des nazis "aidant". En 1940 le sanatorium deviendra le premier camp d'internement administratif de la zone nord afin "d'accueillir" des individus suspects et dangereux pour le régime de Pétain. Dans une aille prévu pour 150 personnes à l'origine, jusqu'à 600 prisonniers se retrouveront la en à peine quelques mois. La plupart seront déportés vers les camps de Drancy et Auschwitz. 9 français seront fusillés dans cet endroit récupéré par le régime de Vichy et les collabos tout cela sous contrôle des nazis. Fin 42 le camp ferme et laisse place à l'école de police, autrement dit, un centre de formation pour miliciens. Un an plus tard l'école fermera et le sanatorium d'Aincourt rouvrira en 1945 en tant que centre de rééducation. Le bâtiment sera laissé à l'abandon en 2001.

Voilà ce que j'ai pu apprendre sur ce lieu que j'ai foulé. J'ai du mal à croire ce que je vois, des jardins et des parcs impeccables, taillés, tondus, rien ne traine. De l'autre coté, à 3 mètres c'est le "chaos". Un bâtiment "défoncé", tout ce qui a pu être cassé l'a été. On imagine très mal l'équipe de jardiniers payés pour venir entretenir un jardin en théorie formellement interdit sous peine de poursuite. Cet endroit me rends triste, je pense aux malades qui y sont passés parfois jamais repartis. Je pense ensuite à l'horreur des prisonniers, qui pour beaucoup n'ont fait que passer avec pour destination des endroits ne laissant aucun doute sur leur sort. Je pense aux détonations qui en ces temps faisaient office de "juges" et qui venaientt d'enlever 9 résistants dans les bois du Vexin. Je pense à cette année aussi ou les miliciens venaient dans cet endroit pour être formés aux méthodes pétainistes...
Aujourd'hui des graffeurs y mettent des couleurs, d'autres y "jouent" à la guerre, d'autre simplement viennent voir de leurs yeux ce bâtiment qui reste une friche à l'histoire pesante.

















Petite ceinture parisienne

La petite ceinture doit être la friche parisienne la plus connue et la plus vaste. Souvent très facile d'accès elle accueille des squatteurs, des curieux et des artistes en quête de tranquillité. Tranquillité toute relative car il est interdit de s'y trouver sans autorisation sous peine d'amende. Les chanceux à pouvoir s'y rendre officiellement sont plus rares, on peut voir ici ou là des petits jardins prendre formes et même d'anciennes gares "rénovées". Cette percée de verdure apparaît comme une sorte d'oasis au milieu des millions de mètre cubes de béton.
Ce jour-là seul un chat m'accompagne dans ma balade...